Deux bonnes nouvelles, et une règle mal donnée
La première bonne nouvelle : l'adjectif espagnol s'accorde en genre et en nombre, exactement comme le français. Le réflexe existe déjà, il n'y a qu'à le transposer. En -o, le féminin fait -a ; au pluriel, -s après une voyelle, -es après une consonne.
La seconde : le comparatif est plus simple que l'anglais. Une seule formule pour tous les adjectifs, courts ou longs — más, menos ou tan, suivis de l'adjectif. Rien qui ressemble au choix entre « bigger » et « more beautiful ».
Reste une règle qu'on lit partout et qui est fausse là où elle sert le plus. « Un adjectif terminé par une consonne ne change pas au féminin » : c'est vrai pour fácil, azul, feliz. Ce ne l'est pas pour les adjectifs de nationalité, qui prennent bien un -a — francés donne francesa, español donne española, alemán donne alemana. Et ce sont justement ceux qu'un élève de collège emploie le plus.
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L'affiche de l'adjectif espagnol
Une page : les formes, l'apocope, la place, les faux amis.
En haut, sept adjectifs avec leurs quatre formes, choisis pour couvrir tous les comportements : -o, -e, consonne invariable, nationalité, -z et -dor. La couleur marque les féminins qui échappent à la règle générale.
Puis l'apocope, avec les sept mots qui la subissent et le cas particulier de « grande », qui s'apocope aux deux genres. L'apocope n'a aucun équivalent français : c'est le point de la page qu'un francophone doit apprendre sans pouvoir s'appuyer sur ce qu'il sait déjà.
Puis la place qui change le sens — un gran hombre, un hombre grande — et quatre faux amis avec leur mot de rechange. Chaque faux ami est donné avec le mot juste : signaler le piège sans fournir la solution laisserait l'élève sans rien à écrire.
Une seconde version, en noir et gris, est disponible pour imprimer sans cartouche couleur.
Les vingt-huit formes de l'affiche ne sont pas recopiées : elles sont calculées à partir du masculin singulier, et un contrôle relit le PDF produit pour vérifier qu'elles y figurent toutes. Le module refuse de deviner ce que la forme ne dit pas.
- 28 formes
- L'apocope
- La place
- Couleur et noir et blanc
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L'adjectif espagnol s'accorde, comme en français
Quatre règles, et une exception qui compte.
Un tableau donne les quatre formes de huit adjectifs, choisis pour couvrir tous les comportements possibles : alto, inteligente, fácil, español, francés, alemán, feliz, trabajador. Huit lignes suffisent à montrer tout ce que l'accord espagnol peut faire.
Les trois adjectifs de nationalité y sont côte à côte avec fácil et feliz : la différence saute aux yeux sans qu'on ait besoin de l'expliquer. On lit souvent qu'un adjectif terminé par une consonne ne change pas au féminin — c'est vrai pour fácil, faux pour français, qui fait francesa.
Deux détails que la plupart des listes omettent : un -z final devient -ces au pluriel — feliz donne felices — et l'accent écrit tombe ou reste selon la forme. Ces détails ne sont pas des raffinements : ils portent sur des mots que tout élève emploie dès la première année.
Deux détails que la plupart des listes omettent : un -z final devient -ces au pluriel — feliz donne felices — et l'accent écrit tombe ou reste selon la place de la syllabe accentuée. Francés donne franceses, mais fácil donne fáciles.
- 8 adjectifs
- 32 formes
- Les nationalités
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L'apocope : quand l'adjectif perd sa fin
Trois conditions, et sept mots à connaitre.
Une chaine de cinq maillons donne les trois questions à se poser, dans l'ordre : l'adjectif est-il avant le nom ? Le nom est-il masculin singulier ? L'adjectif est-il dans la liste ? Les trois conditions doivent être réunies, et l'ordre évite de vérifier une liste inutilement.
Puis la liste entière — bueno, malo, primero, tercero, alguno, ninguno — et le cas particulier de grande, qui s'apocope aux deux genres. Sept mots à connaître, et rien d'autre : l'apocope ne s'étend à aucun adjectif hors de cette liste.
Le programme d'espagnol du collège nomme cette règle explicitement, « apocope des adjectifs », au niveau A2. Le français n'a rien de comparable, ce qui explique que les francophones l'oublient : « un bueno amigo » ne heurte pas leur oreille, alors qu'il heurte celle d'un hispanophone.
Le programme d'espagnol du collège nomme cette règle explicitement : « apocope des adjectifs », au niveau A2. Le français n'a rien de comparable, et c'est ce qui la rend difficile à retenir.
- 3 conditions
- 7 mots
- Le cas de grande
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« Un gran hombre » n'est pas « un hombre grande »
Le même mot, deux places, deux sens.
Une carte mentale part de la règle générale — l'adjectif suit le nom — puis donne trois adjectifs dont la place change le sens : grande, pobre, viejo. La règle et ses exceptions sur la même carte, pour qu'on ne retienne pas l'une sans l'autre.
Un gran hombre est remarquable, un hombre grande est de haute taille. El pobre niño est à plaindre, el niño pobre n'a pas d'argent. Devant le nom, l'adjectif porte un jugement ; derrière, une propriété constatable.
C'est exactement ce que fait le français avec « un grand homme » et « un homme grand ». Les deux langues se comportent pareil, et le constater dispense d'apprendre : il suffit de traduire la paire française pour retrouver la paire espagnole.
C'est exactement ce que fait le français avec « un grand homme » et « un homme grand ». Les deux langues se comportent pareil — et l'article français du site traite le même phénomène de son côté.
- Après le nom
- 3 exceptions
- Le parallèle français
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Comparer, et ne pas se fier aux ressemblances
Une seule formule, et quatre pièges.
L'extrait du programme d'espagnol du collège, cité au mot près, puis un tableau de sept lignes : les trois formes du comparatif, les deux irréguliers, et quatre faux amis.
Más… que, menos… que, tan… como — la même formule pour tous les adjectifs, courts ou longs. L'espagnol ne distingue pas comme l'anglais entre -er et more : une seule construction sert partout, ce qui en fait le comparatif le plus simple des langues enseignées au collège.
Chaque faux ami est donné avec son mot de rechange : largo ne veut pas dire large mais long, et large se dit ancho. Un faux ami appris sans son remplaçant ne sert à rien — on saura qu'il ne faut pas l'employer, sans savoir par quoi le remplacer.
Chaque faux ami est donné avec son mot de rechange : largo ne veut pas dire large mais long, et large se dit ancho. Un faux ami appris sans son équivalent laisse l'élève sans mot à employer.
- 3 formes
- 2 irréguliers
- 4 faux amis
Compétences travaillées
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Accorder
Les quatre formes, nationalités comprises.
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Raccourcir
L'apocope, et ses trois conditions.
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Placer
Après le nom — sauf quand le sens change.
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Comparer
Une formule unique, et deux irréguliers.
La règle sur les consonnes est fausse pour les nationalités
On lit partout que l'adjectif espagnol terminé par une consonne ne change pas au féminin. C'est exact pour fácil, azul, feliz, difícil — et faux pour tous les adjectifs de nationalité, qui prennent bel et bien un -a.
Español donne española. Francés donne francesa, et l'accent écrit tombe au passage. Alemán donne alemana, inglés donne inglesa, portugués donne portuguesa. Ce ne sont pas des cas rares : ce sont les adjectifs qu'un élève emploie dès sa première année d'espagnol, pour dire d'où il vient et quelle langue il parle.
Les fiches de cette page les mettent côte à côte avec fácil et feliz, dans un même tableau. La différence n'a pas besoin d'être expliquée : elle se voit.
L'apocope, que le français n'a pas
Sept adjectifs perdent leur dernière syllabe quand ils précèdent un nom : bueno devient buen, malo devient mal, primero devient primer, tercero devient tercer, alguno devient algún, ninguno devient ningún. Et grande devient gran.
Trois conditions doivent être réunies, et c'est là que la faute se glisse : l'adjectif doit être AVANT le nom, le nom doit être masculin, et il doit être singulier. « Un buen amigo », mais « una buena chica » et « unos buenos amigos ».
Grande est le seul à faire exception : il devient gran devant les deux genres. Un gran hombre, una gran mujer. Le programme d'espagnol du collège nomme cette règle au niveau A2.
Méthode et vérification
Le programme visé est l'arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025, annexe 9 — programme d'espagnol pour les classes de collège. La page du Bulletin officiel renvoyant un 403, l'annexe a été retrouvée par la Wayback Machine, dont la copie porte le lien vers le PDF ; celui-ci se télécharge depuis le site du ministère après une redirection vers un nom slugifié. Il est conservé dans docs/programme-espagnol-college-2025.pdf, et tous les rattachements de niveau annoncés sur les fiches ont été relevés dedans. Les quatre formes de chaque adjectif sont dérivées du masculin singulier ; ce qui ne se dérive pas — l'appartenance à la classe des adjectifs de nationalité — est déclaré, et un adjectif non déclaré dont la finale ne décide pas est refusé. Neuf contrôles accompagnent le module, dont trois qui comptent : les nationalités ne doivent pas être données pour invariables, les autres adjectifs en consonne doivent le rester (sans quoi le premier contrôle ne prouverait rien), et l'accent écrit du pluriel doit tomber dans un cas et rester dans l'autre.
- Arrêté du 5 mai 2025 fixant les programmes d'enseignement communs et optionnels de langues vivantes étrangères pour les classes de collège et de lycée général et technologique — BO n° 22 du 29 mai 2025 (NOR MENE2504621A).
- Annexe 9 du même arrêté — programme d'espagnol pour les classes de collège, conservée dans docs/programme-espagnol-college-2025.pdf : « Accords de genre et de nombre » ; « (A2) Apocope des adjectifs » ; « Comparatifs de supériorité et d'infériorité (más/menos alto que yo) » ; « (A2+) et irréguliers (mayor, menor) » ; « (B1) Superlatif relatif ».
- Même annexe, niveaux de maitrise linguistique visés pour le collège à la fin de chaque année : 6e A1 (LVB) / A1+ (LVA) ; 5e A1+ / A2 ; 4e A1+ / A2+ ; 3e A2 / B1.