Le programme dit « réseau », et jamais « chaîne »
Le texte du cycle 3 demande de « mettre en évidence l'interdépendance des différents êtres vivants dans un réseau trophique ». Mesuré dans ce texte : « réseau trophique » y figure, « chaîne alimentaire » n'y figure pas une seule fois.
La différence n'est pas un mot. Une chaîne est une file : chaque organisme y mange une chose et n'est mangé que par une autre. Un réseau a des embranchements — un même animal mange plusieurs choses et se fait manger par plusieurs autres. C'est ce qui rend le milieu solide : retirer un maillon coupe une file, mais un réseau garde d'autres chemins.
Le module de calcul qui produit ces fiches refuse un jeu de données qui n'aurait qu'un seul chemin, ou dont aucun organisme ne mangerait deux choses. Une chaîne déguisée en réseau ne peut pas sortir de la chaîne de production.
Une flèche du réseau se lit toujours « est mangé par » : elle part de ce qui est mangé. Lue à l'envers, elle donne des phrases qui se tiennent et qui sont fausses. La troisième fiche fait travailler cette erreur de front.
1 sur 5
Fiche 1 — lire un réseau trophique
Retrouver deux animaux effacés à l'aide des flèches, et comprendre pourquoi on parle de réseau.
Le réseau d'une haie est dessiné : les végétaux en bas, les animaux au-dessus, et les flèches qui disent qui mange qui.
Deux étiquettes ont été effacées. L'élève les retrouve en lisant les flèches qui y arrivent — elles disent ce que l'animal mange — et celles qui en partent.
- Une flèche se lit « est mangé par »
- Les flèches qui arrivent disent ce qu'on mange
- Plusieurs chemins, donc un réseau
2 sur 5
Fiche 2 — les producteurs primaires
Nommer les quatre besoins d'un organisme chlorophyllien et distinguer produire sa matière de la prélever sur autrui.
Le programme demande de « découvrir que tout être vivant produit sa matière à partir de celle qu'il prélève ». La différence entre un végétal et un animal tient à ce qu'il prélève, et à l'endroit où il le prélève.
Un tableau met les deux côte à côte, et des associations font retrouver d'où vient chacun des besoins.
- Lumière, eau, sels minéraux, dioxyde de carbone
- Produire sa matière, et où on la prélève
- Pas de réseau sans producteur primaire
3 sur 5
Fiche 3 — le sens de la flèche
Repérer une flèche lue à l'envers et distinguer un producteur primaire d'un consommateur.
Trois copies d'élèves sont soumises à la correction. L'une est juste ; les deux autres portent les erreurs les plus fréquentes du chapitre.
La première lit la flèche à l'envers — « l'herbe mange le criquet ». La seconde appelle producteur primaire un animal qui ne mange que des végétaux.
- La flèche part de ce qui est mangé
- Aucune flèche n'arrive sur un végétal
- Ne mange que des végétaux ≠ producteur primaire
4 sur 5
Fiche 4 — l'interdépendance des êtres vivants
Prévoir les conséquences d'une disparition, et comprendre pourquoi un réseau résiste mieux qu'une file.
On retire l'herbe du réseau et l'on regarde qui n'a plus rien à manger. Une étape de la suite des conséquences a été effacée, à retrouver par ses deux bouts.
Un diagramme compte ensuite, pour chaque organisme, le nombre d'animaux qui le mangent.
- Retirer un maillon pour voir les liens
- Privé de tout, ou seulement appauvri
- Compter n'est pas prévoir
5 sur 5
Fiche 5 — synthèse du chapitre
Organiser le chapitre en quatre branches et suivre la matière du producteur primaire jusqu'au sol.
La carte mentale rassemble le chapitre : les producteurs primaires, les consommateurs, les décomposeurs, et la règle de lecture de la flèche.
Le réseau complet est ensuite donné avec le ver de terre à part, et l'élève raconte le trajet de la matière.
- Quatre branches pour tout le chapitre
- La matière fait un tour
- Le décomposeur n'a pas de flèche
Compétences travaillées
-
Une flèche se lit « est mangé par »
Elle part de ce qui est mangé et va vers celui qui le mange. Aucune flèche n'arrive jamais sur un organisme chlorophyllien.
-
Les producteurs primaires
Ils prélèvent leur matière dans le milieu : lumière, eau, sels minéraux, dioxyde de carbone. Toute la matière du réseau part d'eux.
-
Les décomposeurs ferment la boucle
Ils reçoivent la matière des organismes morts et la rendent au sol en sels minéraux, que les végétaux y prélèvent de nouveau.
-
Un réseau, pas une file
Plusieurs chemins mènent des végétaux au sommet. C'est pour cela que le milieu résiste mieux à la disparition d'un organisme.
Pourquoi ces fiches ne disent jamais « chaîne alimentaire »
Le mot est répandu, et il n'est pas dans le programme. Mesuré dans le texte du cycle 3 : « chaîne alimentaire » y figure zéro fois, « réseau trophique » y figure.
Ce n'est pas une question de vocabulaire savant. Une chaîne enseigne qu'un organisme mange une chose et n'est mangé que par une autre — c'est faux dans presque tous les milieux, et cela rend incompréhensible ce que le programme demande de mettre en évidence : l'interdépendance.
Le schéma qui porte ces fiches a été écrit pour cela. Il refuse une flèche qui descendrait le réseau, refuse un organisme absent des niveaux, et calcule la place de chacun à partir de ce qu'il mange. Aucun réseau n'y est dessiné à la main.
Ce que le programme réserve à la sixième
Les repères de progressivité du cycle 3 sont explicites sur deux points, à la même page que cet attendu : « la structure cellulaire doit être réservée à la classe de sixième » et « le rôle des microorganismes relève de la classe de sixième ».
Ces fiches parlent donc de décomposeurs — le ver de terre, qu'on voit — sans jamais nommer une bactérie ni un micro-organisme. Elles ne parlent pas non plus de photosynthèse : le mot ne figure pas une seule fois dans le programme du cycle 3.
Ce que le CM2 retient, c'est le trajet de la matière : prélevée dans le milieu par les végétaux, transmise en mangeant, rendue au sol par les décomposeurs. Le mécanisme viendra plus tard.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme de sciences et technologie du cycle 3 en vigueur au CM2 en 2026-2027. Le réseau est décrit par les relations « qui mange qui » ; les niveaux, les chemins et les conséquences d'une disparition sont calculés par un module qui refuse un réseau sans embranchement, un producteur qui mangerait, ou une boucle. Ni photosynthèse ni micro-organismes : le programme les place ailleurs. Aucun nombre négatif.