Ce que ces fiches travaillent
Comprendre ce qu'est une proposition, distinguer une phrase simple d'une phrase complexe, et nommer les trois modes d'articulation : juxtaposition, coordination, subordination.
Toutes les phrases analysées sont des citations des textes lus cette année en sixième — l'élève retrouve en grammaire ce qu'il a travaillé en littérature.
Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'évaluations n'emploie pas.
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Fiche 1 — une phrase, combien de propositions ?
Chercher les verbes conjugués, et compter les propositions.
Une proposition est un morceau de phrase qui contient un verbe conjugué. C'est la définition de sixième, et tout le chapitre en découle : pour savoir combien une phrase porte de propositions, on cherche ses verbes conjugués.
Une phrase simple n'en a qu'une ; une phrase complexe en a au moins deux. « Cela dura toute la nuit » est simple ; « C'est fort bien fait ; je m'en réjouis » est complexe.
La longueur ne prouve rien. « On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous » fait onze mots et un seul verbe conjugué : elle reste simple.
Attention au mot « et ». Dans « Il était magnifique d'audace, de joie et de conviction », il relie trois noms — et la phrase reste simple. Les six phrases de la fiche sont des citations des textes lus cette année.
On compte les verbes conjugués, jamais les mots.
- Huit cases à remplir
- Trois lignes à cocher
- Chercher les verbes conjugués
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Fiche 2 — la juxtaposition
Rien qu'un signe de ponctuation entre les propositions.
Juxtaposer, c'est poser l'une à côté de l'autre. Deux propositions sont juxtaposées quand rien ne les relie sauf un signe de ponctuation : une virgule, un point-virgule ou deux points.
Aucun mot de liaison : c'est ce qui distingue la juxtaposition des deux autres modes. Ni « mais », ni « et », ni « que » — seulement un signe.
Mais il faut quand même deux propositions. « Il les tira de dessous le lit, l'un après l'autre » porte une virgule et reste SIMPLE : il n'y a qu'un verbe conjugué. Une virgule ne juxtapose que s'il y a de quoi juxtaposer.
On peut en juxtaposer trois. « Tais-toi, te dis-je ; j'oublie tout » en porte trois, séparées par une virgule puis un point-virgule.
Une virgule ne suffit pas : il faut deux verbes conjugués.
- Quatre lignes à cocher
- Trois copies à corriger
- Découper une phrase juxtaposée
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Fiche 3 — le « et » qui relie, et celui qui ne relie pas
Compter les verbes conjugués avant de regarder le « et ».
Coordonner, c'est relier par un mot. Les conjonctions de coordination sont sept : mais, ou, et, donc, or, ni, car. On les retient par la phrase « mais où et donc or ni car ».
Le mot reste ENTRE les deux propositions. C'est ce qui distingue une conjonction de coordination d'une conjonction de subordination : « mais » n'appartient ni à la proposition d'avant, ni à celle d'après.
Mais « et » ne relie pas toujours deux propositions. Il peut relier deux noms, deux adjectifs, deux participes : « il a renversé une vaste ville et dompté des peuples nombreux » n'a qu'un verbe conjugué.
La règle pour ne pas s'y tromper est celle que la fiche fait appliquer : compter les verbes conjugués AVANT de regarder le « et ».
Compter les verbes avant de regarder le « et ».
- Quatre copies à corriger
- Trois mots à relier
- Les sept conjonctions
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Fiche 4 — la subordination
Le mot qui l'introduit fait partie de la proposition.
Subordonner, c'est mettre une proposition sous une autre. La subordonnée ne peut pas vivre seule : « si tu réchappes » ne veut rien dire tout seul. Elle dépend de la proposition principale.
Le mot qui l'introduit en fait partie. C'est la grande différence avec la coordination : « mais » reste entre les deux propositions, tandis que « si », « que », « qui » COMMENCENT celle qu'ils introduisent.
Il y en a beaucoup : que, qu', qui, quand, lorsque, si, comme, parce que, puisque, pour que, où, dont. La liste est longue, mais le geste est toujours le même.
Chaque subordonnée dit quelque chose de précis : à quelle condition, dans quel cas, de quelle chose il s'agit. C'est ce que l'association fait chercher.
Le mot de subordination commence la proposition.
- Quatre subordonnées à relier
- Six subordonnées à ranger
- Le mot qui ouvre la proposition
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Fiche 5 — reconnaitre les trois modes
Regarder ce qui sépare les propositions, et le nommer.
Trois modes, et une seule question à se poser devant une phrase complexe : qu'est-ce qui sépare les propositions ?
Rien qu'une ponctuation — virgule, point-virgule, deux points : c'est une juxtaposition. Une conjonction de coordination restée entre les deux : c'est une coordination. Un mot qui commence la seconde proposition : c'est une subordination.
Et avant tout cela, on compte les verbes conjugués. S'il n'y en a qu'un, la phrase est simple, et la question du mode ne se pose même pas — le document de la fiche en porte une.
La dernière question fait écrire la méthode en trois étapes : compter les verbes conjugués, découper les propositions sans rien laisser dehors, puis regarder ce qui les sépare. C'est elle qui restera quand les exemples seront oubliés.
Le tri de cette fiche ne demande pas de nommer le mode : il demande seulement de dire s'il y a un MOT entre les propositions ou seulement une ponctuation. C'est le premier geste, et le plus sûr — nommer vient ensuite.
Compter, découper, puis regarder ce qui sépare.
- Six phrases à ranger
- Six cases à remplir
- Analyser une phrase entière
Compétences travaillées
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Une proposition
Un morceau de phrase qui contient un verbe conjugué. Sans verbe conjugué, ce n'est qu'un complément.
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Simple ou complexe
Une proposition : phrase simple. Deux ou plus : phrase complexe. La longueur ne prouve rien.
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Les trois modes
Une ponctuation seule : juxtaposition. Une conjonction entre les deux : coordination. Un mot qui ouvre la seconde : subordination.
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Le piège du « et »
Il peut relier deux noms au lieu de deux propositions. On compte les verbes conjugués avant de le regarder.
Des phrases prises dans les textes de l'année
Aucune phrase n'a été fabriquée pour l'exercice. Toutes viennent des œuvres lues cette année en sixième : Molière, Marivaux, Perrault, Leprince de Beaumont, Hugo, Daudet, Verne, Homère.
L'élève retrouve donc, dans une leçon de grammaire, les textes qu'il a travaillés en littérature — et il découvre que « Tais-toi, te dis-je ; j'oublie tout » porte trois propositions.
Chaque citation est vérifiée dans son corpus avant que la fiche ne soit produite, et chaque découpage est contrôlé morceau par morceau.
Ce que la longueur ne dit pas
« En effet, il a renversé une vaste ville et dompté des peuples nombreux » fait treize mots et porte un « et » : elle est pourtant SIMPLE. Le « et » y relie deux participes qui partagent le même auxiliaire.
« Tais-toi, te dis-je ; j'oublie tout » fait cinq mots et porte TROIS propositions. La longueur et la complexité ne vont pas ensemble, et la couverture de ces fiches est bâtie sur ce fait.
La règle qui en sort est celle que les fiches font appliquer : compter les verbes conjugués, avant de regarder les virgules et les « et ».
Méthode et vérification
Ces fiches n'inventent aucune phrase. Toutes viennent des textes que l'élève a lus cette année dans les cinq entrées littéraires de sixième — le théâtre, le récit d'aventure, les monstres — et chacune est retrouvée dans son corpus avant que la fiche ne soit produite. L'élève analyse donc ce qu'il connait, et non des phrases fabriquées pour l'exercice. LE CONTRÔLE QUI FAIT TOUT LE TRAVAIL porte sur le découpage. Chaque proposition est déclarée comme un morceau EXACT de sa phrase ; le module les retrouve dans l'ordre, vérifie qu'elles ne se chevauchent pas, puis regarde ce qui reste. Ce qui reste doit être de la ponctuation, des espaces et le mot de liaison — rien d'autre. Un adverbe laissé de côté fait échouer la production, et le refus nomme le mot. C'est ce qui garantit qu'un corrigé rend compte de la phrase entière. Deux listes fermées séparent ensuite les familles de mots : les sept conjonctions de coordination, et les mots qui introduisent une subordonnée. Le module vérifie aussi leur PLACE — une conjonction de coordination reste entre les propositions, un mot de subordination commence celle qu'il introduit. Déclarer « si » comme coordination, ou couper une subordonnée en laissant son « si » dehors, est refusé.
- Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), partie « Étude de la langue », entrée « Se repérer dans la phrase complexe ». Elle existe en CM2 et en 6e, et le texte distingue les deux niveaux : le CM2 doit « distinguer phrase simple et phrase complexe à partir du repérage des verbes conjugués », la 6e « à partir du repérage des propositions », puis « repérer les différents modes d'articulation des propositions au sein de la phrase complexe » et « approfondir les notions de juxtaposition, de coordination, de subordination ». Les phrases analysées sont toutes des citations des textes lus cette année en sixième, tous dans le domaine public : Molière, Marivaux, Perrault, Leprince de Beaumont, Hugo, Daudet, Verne, et Homère traduit par Leconte de Lisle. Le plus tardivement libre l'est depuis 1976.