Ce que ces fiches travaillent
Définir le civisme par ses deux conditions, distinguer une règle de civilité d'une loi, nommer ce qu'une incivilité coûte à quelqu'un d'autre, et retrouver derrière chaque règle de l'écran celle qu'on applique déjà dehors.
La quatrième notion de la section — la démocratie et le suffrage direct — n'est pas reprise ici : elle est déjà traitée par « Qu'est-ce que la République ? », dont une fiche entière lui est consacrée.
Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'évaluations n'emploie pas.
1 sur 5
Fiche 1 — deux conditions, pas une
Le civisme se reconnaît à deux questions, et il faut « oui » aux deux.
La définition du programme est imprimée en entier dans le document, avec le mot qui la commande souligné par la mise en page : le « et » qui relie ses deux conditions.
Quatre actes passent ensuite dans une grille à deux colonnes. L'élève y écrit « oui » ou « non », et lit lui-même la qualification : c'est la grille qui répond, pas la mémoire.
Le questionnaire vérifie que les deux conditions ont bien été comptées comme deux, puis vient le cas d'Adam — coller des affiches pour la propreté de l'école sur les vitrines des commerçants.
Son intention est bonne et son acte n'est pas civique. La fiche demande de dire quelle règle il enfreint, puis ce qu'il pouvait faire à la place : le but ne change pas, le chemin oui.
Les quatre cas de la définition sont tous représentés — un contrôle le vérifie.
- Quatre actes à juger
- Deux colonnes à remplir
- Le cas qu'on n'attend pas
2 sur 5
Fiche 2 — les règles de civilité
Ce que personne n'oblige, et que tout le monde attend.
Certaines règles peuvent être sanctionnées, d'autres non. C'est ce qui les sépare, et ce n'est pas leur importance.
Le questionnaire porte d'abord sur ce point : une règle de civilité n'est écrite dans aucune loi, et il faut pourtant la suivre. La fiche demande de dire pourquoi.
Le tri oppose ensuite six phrases — céder sa place, s'arrêter au feu rouge, dire bonjour, ne pas prendre ce qui appartient à autrui. La question à se poser est toujours la même : peut-on être puni ?
Les deux dernières questions demandent deux règles de la cour de récréation et le lien que le programme établit entre la politesse et le civisme.
Le programme est explicite sur ce point : il demande de montrer « comment la politesse fait partie du civisme par la connaissance volontaire des règles et le respect des autres qu'elle implique ». Saluer, écouter, attendre son tour ne sont donc pas des manières : ce sont les premiers gestes par lesquels un élève tient compte des autres.
Le critère est la sanction, jamais l'importance de la règle.
- Deux sortes de règles
- Six phrases à ranger
- Ce que la loi ne dit pas
3 sur 5
Fiche 3 — ce que coûte une incivilité
Chaque incivilité fait payer quelqu'un d'autre.
Une incivilité paraît minuscule prise seule. Ce qui la rend grave, c'est qu'elle ne s'arrête pas à celui qui la commet.
Le tri sépare d'abord les incivilités des actes qui ne regardent que soi : lire une bande dessinée chez soi n'est pas civique, et n'est pas une incivilité non plus.
L'association relie ensuite quatre gestes à ce qu'ils coûtent — et ces conséquences ne sont pas inventées : le module refuse de construire une incivilité sans la sienne.
Les questions finales font mesurer une incivilité au nombre de personnes qu'elle atteint, et démontent l'argument « ce n'est qu'un papier ».
C'est la moitié de l'objectif que le programme écrit : identifier les incivilités ne suffit pas, il faut comprendre pourquoi elles nuisent à la vie en commun. Une fiche qui se contenterait de les nommer laisserait l'élève sans la raison, et la règle redeviendrait une consigne à obéir plutôt qu'une conséquence à voir.
Un acte privé n'est ni civique ni incivil : la grille le montre.
- Cinq actes à trier
- Quatre conséquences à relier
- Qui paie le geste
4 sur 5
Fiche 4 — le civisme en ligne
Les mêmes règles, sur un autre support.
Le civisme en ligne n'est pas un nouveau chapitre. Chaque règle de l'écran a son équivalent dehors, et c'est ce qui permet de la retrouver seul.
L'association met les deux colonnes face à face : dire bonjour et l'écrire, ne pas se moquer et ne pas l'écrire, rendre ce qu'on emprunte et citer sa source, éteindre et fermer.
La chasse aux erreurs reprend les deux idées fausses les plus répandues : que l'écran change la règle, et qu'une image trouvée en ligne appartiendrait à tout le monde.
Les deux dernières questions portent sur ce qu'il faut vérifier avant de partager, et sur ce que doit faire celui qui voit des messages moqueurs sans en être l'auteur.
Ce dernier point est nommé par le programme, qui relie les cyberviolences au harcèlement en ligne : ce qui les nourrit est le silence de ceux qui regardent, et l'élève doit savoir que se taire est déjà un choix.
Un geste en ligne sans équivalent hors ligne est refusé par le module.
- Quatre couples à relier
- Trois copies à juger
- Ce que fait celui qui voit
5 sur 5
Fiche 5 — la sobriété numérique
Un écran ne consomme pas rien, et un fichier n'est pas nulle part.
Une photo envoyée ne part pas dans le vide : elle se range dans des machines qui restent allumées, dans des bâtiments qu'il faut refroidir. Le geste, lui, ne pèse rien dans la main.
La chasse aux erreurs oppose les deux idées fausses symétriques : que le numérique ne coûterait rien, et qu'il faudrait y renoncer. La sobriété n'est ni l'une ni l'autre.
Le tableau met ensuite côte à côte un réflexe de la maison et son équivalent sur l'écran — éteindre la lumière, ne pas laisser couler l'eau, ne pas racheter ce qu'on a déjà.
Aucun chiffre n'est avancé : le programme demande d'envisager les conséquences environnementales du numérique et n'en donne aucune. Un contrôle refuse tout énoncé qui en inventerait un.
La sobriété n'est pas le renoncement : c'est l'usage sans gaspillage.
- Trois copies à juger
- Trois cases à compléter
- Le lien avec le civisme
Compétences travaillées
-
La définition, en deux conditions
Savoir que le civisme demande d'agir pour le bien de tous ET de respecter les règles — les deux à la fois.
-
Les règles de civilité
Distinguer ce qui est écrit dans la loi de ce que personne ne fait appliquer, et savoir pourquoi les deux comptent.
-
Ce que coûte une incivilité
Nommer la personne à qui un geste fait payer quelque chose : c'est ce que veut dire nuire à la vie en commun.
-
Le civisme en ligne
Retrouver, derrière chaque règle de l'écran, la règle qu'on applique déjà dehors.
Une définition qui se vérifie, et ne se récite pas
Le programme donne une phrase : le civisme est « l'action d'un individu en fonction du bien public et dans le respect des règles ». Le mot important y est le « et ».
Deux conditions se posent donc à chaque acte, et l'on peut y répondre séparément. Ces fiches en font une grille à deux colonnes où l'élève écrit « oui » ou « non », puis lit lui-même le verdict.
Le quatrième cas est celui qui apprend quelque chose : agir pour le bien de tous en passant outre une règle. L'intention est bonne, et l'acte reste hors de la définition. C'est cela qu'un élève retient, et non une liste de bons comportements.
Le numérique n'est pas un chapitre à part
Le programme le dit lui-même : cet apprentissage doit être pensé « comme une déclinaison en ligne de ce qu'on leur demande de faire hors ligne ». Les fiches suivent cette phrase à la lettre.
Chaque règle de l'écran y est donc appariée à une règle de la vie ordinaire — dire bonjour, ne pas dire d'un camarade ce qu'on ne lui dirait pas en face, rendre ce qu'on emprunte, éteindre ce qui ne sert plus.
Une seule chose change, et l'élève doit la nommer : un message reste, se recopie, et arrive chez des gens qu'on n'a pas choisis.
Méthode et vérification
La définition du programme pose deux conditions reliées par « et » — agir en fonction du bien public, et respecter les règles. Aucun acte n'est donc rangé à la main : chacun déclare ses deux réponses, et le module en déduit sa qualification. Les deux conditions donnent quatre cas, et le quatrième est celui qu'on n'attend pas : agir pour le bien de tous en passant outre une règle n'est pas du civisme, au sens même de la définition. Un contrôle exige que les quatre cas soient représentés, sans quoi trois suffiraient à faire un tri et la seconde condition ne servirait à rien. Une incivilité, elle, ne peut pas être construite sans ce qu'elle coûte à la collectivité : le programme demande de comprendre pourquoi elles nuisent à la vie en commun, et le moyen d'écrire une fiche incomplète est retiré plutôt que surveillé. Les gestes en ligne sont appariés à leur équivalent hors ligne — le programme écrit que cet apprentissage est « une déclinaison en ligne de ce qu'on leur demande de faire hors ligne » —, et un geste sans son équivalent est refusé. Enfin, aucune grandeur n'est citée sur la consommation du numérique : le programme n'en donne aucune, et un contrôle refuse tout énoncé qui avancerait des kilowattheures, des octets ou un pourcentage.
- Programme d'enseignement moral et civique du cours préparatoire à la classe terminale, arrêté du 29 mai 2024 (BO nº 24 du 13 juin 2024), modifié par l'arrêté du 19 juin 2024. Son article 3 l'applique au cours moyen première année depuis la rentrée 2024-2025. Section « CM1 : Faire société », première partie, « Civisme et citoyenneté ». Le tableau EMI/EDD du préambule a été relevé en mesurant les blocs de la page 8 : pdftotext en mélange les colonnes.