Grilles de correction — Développement construit 3ème
Un développement construit ne se note pas à l'impression générale : le correcteur coche des attendus. Ces grilles disent lesquels, sujet par sujet, et signalent l'erreur la plus fréquente à chaque point.
Une copie de développement construit se corrige avec des attendus : le sujet est-il compris, les bornes sont-elles données, y a-t-il des exemples nommés et datés, le plan est-il annoncé, les paragraphes sont-ils visibles ? Ces grilles reprennent chacun de ces points, sujet par sujet.
À chaque attendu correspond l'erreur la plus fréquente. Certaines coûtent un point, d'autres font manquer la moitié du sujet : présenter Vichy comme un gouvernement imposé par les Allemands, ou appliquer la notion de guerre d'anéantissement à toute la guerre, sont de celles-là.
Ces fiches ne se notent pas sur 20. Elles servent à préparer, et à se relire.
1 sur 5
Sujet 1 — une guerre à l'échelle du monde
Montrer que le conflit dépasse l'Europe : les théâtres d'opérations, la guerre sur mer, les empires coloniaux.
La grille demande trois espaces nommés au minimum, chacun avec un exemple, et vérifie que les deux bornes figurent dans l'introduction.
Aperçu des 2 pages à imprimer — cliquez pour agrandir.
Elle attend deux exemples de violence exercée sur des civils, et le lien explicite avec l'idéologie nazie.
Erreur la plus lourde : étendre la notion à toute la guerre. Erreur la plus fréquente : répondre « parce que Hitler était méchant » au lieu de nommer un projet politique.
La mise en garde de la ressource officielle vaut d'être lue en classe : elle explique pourquoi une phrase très répandue est fausse.
Définir le mot du sujet
Le front de l'Est, pas toute la guerre
Civils et prisonniers
Une idéologie, pas un caractère
Ce que chaque partie contient
1. Ce que le sujet demande
Repérer les mots-clés, les bornes de temps et l'espace concerné.
Écrire que toute la Seconde Guerre mondiale est une guerre d'anéantissement est une erreur : la ressource officielle la signale expressément comme un écueil.
Commencer en 1939 fait perdre le fil : la guerre à l'Est commence en 1941.
Employer un mot sans le définir laisse penser qu'on l'a appris sans le comprendre.
2. Le plan
Deux parties, une idée par partie, des exemples précis dans chacune.
Une partie sans exemple reste une affirmation.
C'est ce lien qui distingue le front de l'Est des autres fronts.
3. Le développement rédigé
Voici le devoir écrit en entier. Il tient en une vingtaine de lignes.
Ne pas dater le début du front de l'Est coûte immédiatement des points.
Stalingrad seul ne suffit pas : c'est une bataille, et le sujet porte sur une manière de faire la guerre.
Répondre « parce que Hitler était méchant » ne vaut rien : le correcteur attend un projet politique nommé.
Conclure sans jamais avoir défini le mot du sujet est le défaut le plus courant sur ce type de question.
4. Les repères à connaître
Dates et mots de vocabulaire attendus sur ce sujet. La frise situe les faits les uns par rapport aux autres.
Stalingrad est un tournant : après elle, l'Armée rouge avance.
Écrire « Einsatzgruppen » sans expliquer ce que c'est ne rapporte rien.
5. Les erreurs qui coûtent des points
Relevées sur des copies réelles, année après année.
Sur le front de l'Ouest, la guerre reste très violente, mais elle ne vise pas la destruction d'un peuple entier.
Le sujet 3 traite le génocide pour lui-même.
3 sur 5
Sujet 3 — le génocide des Juifs et des Tsiganes
Définir le génocide, décrire ses étapes — exclusion, concentration, extermination — et employer un vocabulaire exact.
La grille exige la définition du mot « génocide » dès l'introduction, et la mention des deux peuples visés.
Aperçu des 2 pages à imprimer — cliquez pour agrandir.
Elle valorise la distinction entre camp de concentration et centre de mise à mort : les premiers enferment et font travailler, les seconds tuent dès l'arrivée.
Erreur signalée : placer les lois de Nuremberg pendant la guerre. Elles sont de 1935, quatre ans avant.
Le tableau des ordres de grandeur gagne à être recopié : ce sont des estimations, et elles s'écrivent comme telles.
Définir le génocide
Les deux peuples visés
Trois étapes
Camp ou centre de mise à mort
Ce que chaque partie contient
1. Ce que le sujet demande
Repérer les mots-clés, les bornes de temps et l'espace concerné.
« Beaucoup de morts » n'est pas un génocide : ce qui le définit, c'est le projet de destruction d'un groupe entier.
Ne parler que des Juifs, c'est traiter la moitié du sujet.
Une copie sans étapes décrit un fait sans l'expliquer.
2. Le plan
Deux parties, une idée par partie, des exemples précis dans chacune.
Le génocide ne commence pas en 1942 : il est préparé pendant des années.
Ne citer qu'Auschwitz laisse croire qu'il n'y a eu qu'un seul lieu.
3. Le développement rédigé
Voici le devoir écrit en entier. Il tient en une vingtaine de lignes.
Oublier de définir le mot du sujet coûte des points dès la première ligne.
Le ghetto de Varsovie est l'exemple le plus sûr : il est daté, nommé et documenté.
Les chiffres doivent être donnés comme des estimations : « environ », « entre… et… ».
Terminer sur une phrase d'émotion sans reprendre le raisonnement ne vaut aucun point.
4. Les repères à connaître
Dates et mots de vocabulaire attendus sur ce sujet. La frise situe les faits les uns par rapport aux autres.
Placer les lois de Nuremberg pendant la guerre est une erreur fréquente : elles sont de 1935, quatre ans avant.
La distinction entre camp de concentration et centre de mise à mort est valorisée par les correcteurs.
5. Les erreurs qui coûtent des points
Relevées sur des copies réelles, année après année.
Une seule phrase sur les Tsiganes suffit à ne pas perdre ces points.
Auschwitz réunissait les deux, ce qui explique la confusion.
Le mot « environ » n'est pas une faiblesse : c'est de la rigueur.
4 sur 5
Sujet 4 — la France défaite et occupée
La défaite de 1940, l'occupation, le régime de Vichy et le choix de la collaboration.
La grille attend la date de l'armistice et la division du territoire, puis la fin de la République et une mesure antisémite datée.
Aperçu des 2 pages à imprimer — cliquez pour agrandir.
Erreur fréquente : ne parler que du général de Gaulle et oublier la résistance intérieure — l'unification n'a alors plus de sens.
Autre erreur : placer la création du Conseil national de la Résistance en 1944, par confusion avec la Libération.
L'unification est la partie la moins bien traitée des copies, et c'est celle qui rapporte le plus.
Deux adversaires
Extérieure et intérieure
Jean Moulin
Le 27 mai 1943
Ce que chaque partie contient
1. Ce que le sujet demande
Repérer les mots-clés, les bornes de temps et l'espace concerné.
Une définition qui ne parle que des Allemands est incomplète.
Lire le sujet jusqu'au bout donne souvent le plan tout fait.
Confondre les deux fait perdre le sens de l'unification.
2. Le plan
Deux parties, une idée par partie, des exemples précis dans chacune.
« Ils résistaient » n'est pas une forme d'action.
C'est la partie que les copies traitent le moins bien.
3. Le développement rédigé
Voici le devoir écrit en entier. Il tient en une vingtaine de lignes.
Une introduction de trois phrases suffit toujours.
Nommer un journal ou un maquis précis fait la différence.
L'unification n'est pas un détail : elle donne à la France une place parmi les vainqueurs.
Cette ouverture-là est attendue, parce qu'elle est dans le programme.
4. Les repères à connaître
Dates et mots de vocabulaire attendus sur ce sujet. La frise situe les faits les uns par rapport aux autres.
Le 18 juin 1940 est un repère du programme : il doit être su.
Employer les deux mots correctement montre qu'on distingue les formes d'action.
5. Les erreurs qui coûtent des points
Relevées sur des copies réelles, année après année.
Le sujet demande explicitement l'unification : sans les deux, elle n'a pas de sens.
C'est ce qui explique que des Français aient combattu d'autres Français.
La confusion vient de ce que la Libération est plus connue que l'unification.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme d'histoire-géographie du cycle 4, classe de troisième, thème 1 « L'Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) », sous-thèmes « La Deuxième Guerre mondiale, une guerre d'anéantissement » et « La France défaite et occupée. Régime de Vichy, collaboration, Résistance ». Vérification faite sur la ressource d'accompagnement officielle avant rédaction. Celle-ci range parmi les écueils à éviter le fait d'appliquer la notion de guerre d'anéantissement à l'ensemble du conflit : la notion n'est donc employée ici que pour le front de l'Est, et un sujet distinct traite la dimension mondiale de la guerre. Les deux génocides nommés par le programme, juif et tzigane, sont traités tous les deux. Les ordres de grandeur sont donnés comme des estimations. Chaque frise est contrôlée par script : ses repères doivent se suivre dans l'ordre chronologique. Ces fiches sont de type cours : elles ne portent pas de barème, et le contrôle automatique en tient compte.
Rédaction : Équipe pédagogique Fiches ScolairesMise à jour :
Combien de lignes fait un développement construit ?
Une vingtaine de lignes, soit environ deux cents à deux cent cinquante mots. C'est court : chaque phrase doit apporter une idée ou un exemple. Les cinq modèles de cette page respectent ce format.
Faut-il faire deux ou trois parties ?
Deux parties suffisent, et c'est le choix retenu ici. Trois parties sur vingt lignes conduisent à des paragraphes trop courts pour contenir un exemple développé. Ce qui compte n'est pas le nombre de parties, mais qu'il y ait une idée par partie et des exemples précis.
La Seconde Guerre mondiale est-elle une guerre d'anéantissement ?
Pas dans son ensemble. La ressource d'accompagnement du programme signale explicitement cet écueil : la notion s'applique au conflit en Europe continentale, et surtout à la confrontation avec l'URSS à partir de juin 1941. Sur les autres fronts, la guerre est très violente sans viser la destruction d'un peuple entier.
Quelles dates faut-il absolument connaître ?
Pour ce chapitre : 1939-1945 pour la guerre, 22 juin 1940 pour l'armistice, 18 juin 1940 pour l'appel du général de Gaulle, 22 juin 1941 pour l'invasion de l'URSS, 27 mai 1943 pour le Conseil national de la Résistance, 6 juin 1944 pour le débarquement, 8 mai 1945 pour la capitulation allemande. Chaque fiche porte la frise des repères de son sujet.
Peut-on recopier ces développements le jour du brevet ?
Non, et ce serait contre-productif. L'épreuve ne pose jamais deux fois exactement le même sujet, et un devoir recopié se repère. Ce qui se réutilise, c'est l'architecture — introduction, deux parties, conclusion — et les repères chronologiques.
Le régime de Vichy a-t-il été imposé par les Allemands ?
Non. C'est un régime français, né du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Ses premières mesures antisémites, dont le statut des Juifs du 3 octobre 1940, sont prises de sa propre initiative, sans demande allemande. Le contresens inverse est l'erreur la plus lourde sur ce sujet.